lundi, mai 18, 2009

Le roi et ses boeufs

Je me suis finalement trouvé une bonne petite chambre d’hôtel à Phnom Penh où je compte rester pour toute la durée de mon séjour ici, si tout va bien. Un endroit relativement classe, dans un quartier qui l’est un peu moins, avec juste assez de bruit et de déchets pour jamais m’ennuyer.





Vue de la rue en face de mon hôtel, et vue de la façade de mon hôtel






QUELQUES VUES PHNOMPENHIENNES




Avec un Français de mon hôtel, je suis donc parti, comme je le disais la dernière fois, pendant six jours à l’extérieur de Phnom Penh, profitant d’un quelconque congé royal. Vive le roi, comme on dit par chez nous. Première destination : Sihanoukville, première (et probablement la seule) ville balnéaire du pays, avec quelques belles plages. Au menu de nos trois jours à Sihanoukville : repos, plage, ballades à moto, bonnes bouffes et bières froides.

SIHANOUKVILLE


Comme les Chinoises, les Cambodgiennes aiment bien se faire prendre en photo avec un étranger. Elles les trouvent gentils, j'imagine.

En marchant sur la plage à Sihanoukville, 4-5 énervées ont voulu se faire prendre en photo tour à tour avec moi. Qu'est-ce tu veux, on a pas le choix.



Le fait saillant du voyage ? À Sihanoukville, j’ai eu mes premiers démêlés avec les forces de l’ordre du Cambodge. Je roulais donc à moto avec le Français. Après une courbe, un barrage policier nous fait signe de nous arrêter. Comme j'avais entendu toutes sortes d'histoires sur les policiers cambodgiens, jamais de la vie je prendrai la chance d'aller en prison au Cambodge, que je me dis. Donc, j'écrase la pédale et j'évite le barrage à toute vitesse. Ok, non, j'ai arrêté, mais j'ai presque hésité...Première infraction : casque non-réglementaire (en fait, non-réglementairement placé ailleurs que sur ma tête, puisqu’on allait genre 500 mètres plus loin). Deuxième infraction : permis de conduire non-réglementaire, puisque non cambodgien. Le policier le plus jeune, le seul qui parlait anglais, me dit « you make two mistake. You pay money ». Ça y est, c’est fini, que je me dis, il va me demander 100$ ou m’envoyer en prison. Finalement non. Le coût total de la contravention/pot-de-vin ? 2,50$ chacun…Ça va, ça se prend quand même assez bien. En prime, j’ai en souvenir une belle contravention/avis d’arrestation écrit dans une drôle de langue pour le prouver.


Les obligatoires "photos du peuple"


À partir de Kampot, notre deuxième destination, le Français, deux autres personnes rencontrées à l'hôtel et moi avons enfourché nos motos pour nous rendre à Kep, 25 kilomètres plus loin.

Là, on a pris un bateau pour l'île du Lapin, nommée ainsi à cause de sa forme par des Cambodgiens à l'imagination fertile.




Une île quasiment déserte, et une plage complètement vide, comme dans les vues, tsé.








C'était ma plage, ça















Sans ordre d'importance particulier, voici quelques constats, observations et événements des deux dernières semaines :

- les Cambodgiens sont peut-être les gens les plus souriants du monde

- à la campagne, les croisements de routes sont souvent marqués par une grosse statue d’animal placée au milieu du carrefour. Comme une grande partie de la population rurale ne sait pas lire, j’imagine que ça facilite les choses quand on donne des directions. « Pour aller chez Poum ? Tu dépasses le rhinocéros, tu tournes à droite au lion, puis finalement à gauche à la grosse vache. »

- pour une raison que je n’ai pas encore comprise, les plupart des Cambodgiens sont incapables de prononcer les « s » lorsqu’ils sont à la fin d’un mot (les linguistes peuvent m’expliquer ?). La première fois, c’est un peu dur de comprendre quand le serveur te demande « you want a-i or no a-i in your dlink ? ».

- j’ai trouvé mes deux premiers lézards dans ma chambre d’hôtel. Ils sont très gentils mais je préférerais les voir à l’extérieur. Cependant, j’y peux rien parce que si j’essaie de les prendre pour les sortir, ils perdent instantanément leur queue (qui continue à gigoter dans ma main) et s’enfuient en riant de moi.

- les producteurs de riz du Cambodge sont très inquiets. La semaine dernière, pendant la cérémonie du Sillon Sacré (qui se déroulait à deux minutes de mon hôtel), les deux bœufs sacrés (choisis entre autres pour la grosseur de leurs testicules, d'après ce que j'ai lu) se sont vus présenter sept bols en or contenant diverses nourritures. Or, les bœufs ont mangé des fèves et du maïs plutôt que du riz. L’astrologue royal a donc averti le peuple que les fèves et le maïs obtiendraient les meilleures récoltes cette année, et les vendeurs de riz capotent. Pas une farce, ça s’invente pas. Je sais pas pourquoi, mais de mon côté je suis pas trop inquiet pour mon riz.

Bon, j’y vais, je dois aller nourrir mes lézards avant qu’ils s’énervent, là.
Benoit






















dimanche, mai 10, 2009

À l'est rien de nouveau

Je viens de repartir pour une période de 8 mois. Cette fois, j’y vais pour travailler. Pour commencer, je passerai 3-4 mois au Cambodge, dans la capitale Phnom Penh, pour faire un stage chez ADHOC, une des principales organisations de défense des droits de la personne au pays. Ensuite j’irai passer deux mois en Chine pour travailler dans un institut de recherche. J’en parlerai un peu plus rendu là.

Pour l’instant, je suis donc au Cambodge. Et il fait chaud. Vraiment chaud. Il fait au minimum 30-35 degrés à tous les jours. Avec le facteur humidité, ça monte à 40. Avec le facteur petit-enfant-qui-veut-te-vendre-n’importe-quoi-à-tous-les-5-mètres, ça monte à 45 facilement. Mais je suis très heureux, tout va bien. Un repas à 1,25$ et un pichet de bière à 2$ sont de nature à rendre n’importe quel gars heureux.


Je ne commence pas à travailler avant lundi, mais vendredi, je suis me suis rendu au bureau de l’organisme pour savoir un peu où je travaillerai ces prochains mois. Est-ce que les défenseurs des droits de la personne sont les bienvenus au Cambodge, avec ce gouvernement excessivement corrompu et autocratique? Le bâtiment de l’organisme est complètement entouré d’une haute grille coiffée de fils barbelés, et a presque l'air d'un bunker de police. Il y a des emplois plus faciles que ça, ici…

Mosquée à Phnom Penh. Comme en témoigne la tenue du gars à gauche, la chaleur donne des drôles de résultats vestimentaires. Ça fait peur.

Sinon, les Cambodgiens sont aussi sympathiques que lorsque j’étais venu il y a deux ans. Les gens sont toujours à votre service. Par exemple, dans l’hôtel où j’ai passé les deux premières nuits, un assez bel hôtel élégamment situé face à la rivière, dès qu’on m’a remis les clés de la chambre, le gars de la réception m’a proposé des « nice ladies nice price » et toutes les drogues auxquelles n’importe quel junkie pourrait rêver. Non merci, que j’ai répondu, pas mon truc. Les deux journées suivantes, les employés de l’hôtel ont dû m’offrir au moins 10 fois de profiter à bon prix des plaisirs les plus raffinés que le Cambodge a à offrir. Wow, ça fait vraiment chaud au cœur d’avoir des employés si dévoués! En tout cas, au moins j’ai appris que j’ai une face de gars qui aime les « nice ladies » et les bonnes drogues.

Vendeuse de gros fruits piquants

La semaine prochaine, comme je disais, je travaille lundi, mais de mardi à vendredi, c’est férié. Au mois de mai, c'est tout plein de fériés, à ce qu'on m'a dit. Le Cambodge a été un protectorat de la France jusqu’en 1954 après tout. Outre l’amour du bon pain, les Français leur ont donc légué également l’amour des jours fériés. Mardi, je pars donc me perdre dans la jungle pour quelques jours. J’en redonnerai des nouvelles.

Comme les Chinois, les Cambodgiens aiment bien danser en choeur dans les places publiques. Ici, comme on peut voir, ils dansent frénétiquement devant une statue de Gandhi. Je doute qu'il y ait un lien entre les deux.

En terminant, avant de venir au Cambodge, j’ai passé une semaine en Corée. Voici quelques photos.
J’y vais, mon riz amok m’attend.
Benoit
Retrouvailles à Séoul

JEJU
Sur Jeju, une île au sud de la Corée du Sud, devant mon souper