mardi, novembre 07, 2006

Corée du Nord (bis), Halloween, et boisson

Bonjour,

Bon, juste quelques petites mises à jour comme ça. Samedi, je suis retourné à la DMZ (Zone démilitarisée, qui en fait porte très mal son nom puisque c'est probablement la frontière la plus militarisée du monde) qui sépare les deux Corées, dans le cadre de mon cours "The Korean War". Notre professeur travaille pour l'armée américaine, ce qui fait que nous avons eu droit à une visite bien spéciale, lors de laquelle nous sommes allés à des endroits normalement hors-limite pour les non-militaires. Donc, mon affreux et pénible réveil à 6h30 du matin a été largement compensé par la très intéressante journée. Non mais, quoi de plus intéressant de visiter un endroit rempli de mitraillettes, de chars d'assaut, de mines anti-personnel et de soldats américains bien musclés qui sont TRÈS fiers de combattre pour l'armée américaine et leur valeureux commandant-en-chef George W.Bush? Rien, c'est ce que je pensais. Voici donc quelques photos...




PHOTO: Le pont de non-retour; à la fin de la guerre de Corée en 1953, les milliers de prisonniers des deux camps se sont regroupés des deux côtés du pont; on leur a donné le choix d'aller d'un bord ou de l'autre, chez les communistes ou les capitalistes. Cependant, après avoir choisi leur camp, impossible de changer d'idée, d'où le nom du pont. À gauche dans la photo, un panneau datant de la guerre, qui indique "military demarcation line". De l'autre côté, il y a un poste militaire nord-coréen, qui surveille le pont avec une mitrailleuse...



PHOTO: Le village de Panmunjeon, à l'intérieur de la DMZ, du côté sud-coréen. Après la signature de l'armistice, dans le cadre de la guerre de propagande, les Sud-coréens construisirent ce drapeau d'une hauteur de 100 mètres. Les Nord-coréens, frustrés de se faire damer le pion, répliquèrent avec leur propre drapeau dans le village avoisinant de Gi Jeong-Dong, d'une hauteur de 160 mètres, le plus haut du monde! Ce dernier a une longueur de 30 mètres. Vous pouvez voir une photo dans le message "2 minutes en Corée du Nord", un peu plus bas.

HALLOWEEN

Dans un tout autre ordre d'idée, mardi dernier, 31 octobre, c'était le party d'Halloween des étudiants internationaux de Yonsei. J'ai probablement porté le costume le plus ridicule de l'histoire des costumes ridicules. Quelques photos:

Simplement acheter le costume fut compliqué. Dans le magasin, après avoir trouvé le costume (dans un sac sur lequel c'était écrit "Witch costume for KIDS"), je le dépose sur le comptoir. La caissière, plutôt intriguée, me fait un X de ses bras (le signe asiatique pour dire "non, impossible"), et me dit quelque chose en Coréen qu'on pourrait traduire par "t'es con, imbécile, c'est pour les enfants, t'es trop gros". Alors j'essaie de lui dire "ben justement, c'est ce que je veux." Finalement, je l'ai convaincue de me le vendre. À ce jour, je suis toujours pas certain en quoi j'étais déguisé. Je me suis inscrit au concours comme Man-Witch.























LES EFFETS DE L'ALCOOL

Les Coréens ont une "culture de l'alcool" très particulière, qui fait que lorsqu'ils boivent, il n'y a vraiment, mais vraiment pas de limite. Le concept de "Est-ce qu'on va boire UN verre ce soir?" n'existe pas ici. C'est plutôt "Est-ce qu'on va boire plein de bières et de Sooju jusqu'à ce que j'oublie mon nom ce soir?". Voici donc 2 photos qui illustrent les effets très comiques de l'alcool en Corée. Une pratique à laquelle je ne souscris pas évidemment.


On voit ici le PDG de Samsung, après une mauvaise journée au travail. Vous inquiètez pas, il respirait.

Bon, c'est pas mal tout, je m'en vais étudier.

Benoit H-C

dimanche, octobre 29, 2006

Party BMW à Séoul

J'ai été invité le samedi 28 octobre à une soirée d'Halloween organisée par nul autre que BMW, qui payait pour tout. Comment je me suis retrouvé là? En fait, je sais pas trop, une fille que j'ai rencontrée deux fois connaît quelqu'un au Asia Chow, le chic club/restaurant où l'événement se déroulait, et cette personne lui a demandé de trouver des gentils étrangers, dans le but de donner une atmosphère "internationale" au party...ouin... Donc, pour un fort montant de 0,00$, nous avons eu droit à alcool à volonté (champagne, vin, cocktails, eau...), nourriture à volonté, plaisir et sueur à volonté. De plus, il y avait apparemment plusieurs célébrités coréennes présentes sur place...bon, ne connaissant pas trop la culture populaire coréenne, je n'ai reconnu personne. Peut-être la prochaine fois. Voici quelques photos.


En chemin, dans le métro, avec Mikko et Katia de Finlande




Les deux beaux papillons finlandais, Sami et Antti


Heidi de Montréal
mon beau Marten des Pays-Bas
Hee Jin de Corée
Après la soirée, avec mes ailes de papillon. Faites semblant que vous n'avez pas vu les taches de vin sur ma chemise.

jeudi, octobre 12, 2006

Bombe nucléaire et autres légèretés

Bon salut à tous,

Désolé, ça fait longtemps que j'ai pas donné de nouvelles, j'étais vraiment occupé (paresseux). Je me suis finalement acheté un ordinateur portable, je pourrai donc enfin mettre des accents. J'avais oublié comment ils étaient beaux et utiles ceux-là.
Deuxièmement, vous avez tous entendu parler des sérieuses tensions dans la région, dues encore une fois à une poussée d'hormones de notre ami Kim en Corée du Nord, qui a jugé bon de faire peur à tous avec un essai nucléaire. C'est évidemment une bombe médiatique ici (sans jeu de mots), ce n'est que de ça que les médias parlent, et mes amis coréens me disent que ça jase fort aussi chez eux...
Avec ça, les Japonais s'énervent, les Américains cherchent à isoler le régime communiste, la Corée du Sud ne sait pas trop quoi faire, et les hauts-placés en Corée du Nord sortent des déclarations impérieuses comme « Si les États-Unis persistent dans leur attitude hostile et font pression sur nous de différentes façons, nous n'aurons d'autre choix que d'entreprendre d'autres actions physiques pour y faire face», et encore « plus la pression sera importante, plus le degré de notre réponse sera élevé ». Quel paradis pour moi étudiant en science politique et relations internationales! Mais ne vous inquiétez pas, j'ai commencé à me creuser un abri nucléaire, et selon mes calculs, il devrait être prêt l'été prochain, au moment de mon retour au Québec.

Bon passons aux choses sérieuses.


J'ai vécu dernièrement une expérience démente, que je doute fort aurait pu arriver ailleurs qu'en Corée.
Les vendredi et samedi 22 et 23 septembre se déroulait a Séoul le festival Yeong-Go Jeon, opposant dans 5 disciplines sportives l'université Yonsei et sa grande rivale l'université nationale de Corée. Rien n'est laissé au hasard lors de ce grand événement dont nous avions entendu parler dès notre arrivée en Corée. Les matches ne sont pas disputés sur le terrain des universités mais au complexe sportif olympique de Séoul. La journée de samedi, mettant en vedette les équipes de rugby et de football (soccer) s'est même déroulée au grand Stade olympique pouvant accueillir 70 000 personnes.

Une chose très particulière lors de cet événement est le fait qu'en réalité le sport ne semble être qu'un prétexte pour réunir des milliers de personnes dans un stade pour chanter ensemble (en fait le mot utilisé était "cheering"). Durant chaque match, tout le monde chante des chansons en dansant des chorégraphies préalablement apprises. Mais ça n'arrête pas une seconde... Commençant une heure avant les matches et jusqu'au sifflet final, donc durant 3-4 heures, les gens chantent et dansent comme si c'était le dernier jour de leur vie. En plus, ce sont les mêmes 7 ou 8 chansons répétées en boucle! Comme chaque chanson dure environ 2 minutes, ca donne une idée du nombre de fois qu'on peut entendre chacune d'elles...des plans pour rendre fou n'importe qui, sauf les Coréens faut croire. Heureusement pour les étudiants étrangers, la bière apaise les possibilités d'énervement.


Moi qui essaie de ne pas entendre les maudites chansons trop souvent entendues



Après le dernier match, party dans le stade olympique

Ce qui a suivi fut plutôt surréaliste. Après le match final, plusieurs centaines d'étudiants de Yonsei se sont déplacés vers Shinchon, le quartier de l'université (et le mien, l’occurrence) pour faire la fête. Après que tout le monde se soit divisé en groupes de 20 à 30 personnes, chaque groupe se dirige de son côté et s'arrête devant les grands restaurants et bars sur le chemin. A ce moment, tout le monde se met devant à chanter et à crier toutes sortes de slogans en coréen (nous, les étrangers, on suit et on rit), devant les employés et les clients éberlués par une telle folie. On m'a expliqué qu'on criait aux employés de nous donner de l'alcool et de la bouffe. Un genre de hold-up quoi. Finalement, la plupart des restaurateurs accédaient aux demandes en sachant très bien que dans le cas contraire, ils sont barrés de toutes les listes des étudiants...Une fois s'être approprié le magot, on poursuit vers le prochain restaurant. La fête s'est terminée aux petites heures du matin avec des centaines d'étudiants envahissant les terrains de Yonsei.



Les rues pleines d'étudiants cinglés à la recherche de bière et de bouffe


Photo prise lors du party Yeongo-Jon. Pas que je voulais m'imposer, mais c'est sorti comme ça. Après plusieurs recherches, j'ai toujours pas trouvé à qui appartient l'oeil derrière ma main...

CHUSEOK

La semaine dernière, c'était le congé national pour la fête traditionnelle de Chuseok, ce qui nous a donné une semaine complète sans cours, à mon grand malheur. La plupart des étudiants formaient des petits groupes qui partaient en voyage un peu partout en Corée, et même certains en Chine ou au Japon. J'ai décidé a la dernière minute de me joindre à un groupe de 10 étudiants (9 filles et 1 gars) qui avaient préparé un voyage. Je vous jure que j'ai choisi ce groupe en fonction de la destination.

On part donc lundi après-midi vers Andong, une petite ville située au sud de la Corée. J'ai l'impression que cette ville de reçoit pas beaucoup d'étrangers, car j'avais l'impression que tout le monde devenait un peu fou en nous voyant. Les passants se mettaient à danser, et venaient souvent nous voir en pensant qu'ils savaient parler anglais.

Mais le plus fou, et en même temps, le plus gentil, fut le propriétaire du resto où nous avons mangé lundi soir. Dès notre entrée, le mec devient fou comme un balai. Il a pris des millions de photos de nous, nous a demandé de signer des feuilles qu'il a affichées sur le mur, nous a donné de la bière, a insisté pour aller chercher dans un autre resto des plats qu'il ne pouvait pas faire (!). À un moment donné durant le repas, il vient me voir, en disant dans un anglais à la limite du compréhensible "I have daughter, she very beautipul (les F deviennent P en anglais), you meet her Seoul." L'instant suivant, sans poser de questions, il appelle sa fille et me donne le téléphone sans que je puisse y faire quoi que ce soit. 10 minutes après mon arrivée au resto, je me retrouve donc en conversation avec la fille du proprio qu'il veut absolument que je rencontre à Séoul. Si seulement ça pouvait toujours être si facile.

Le lendemain, il nous fait faire le tour de la ville dans une mini-van, nous a emmené dans un village avoisinant, nous a payé de la bière et deux heures dans un karaoke qu'il possède également. Donc, si un jour vous passez par Andong, demandez-moi les coordonnées du resto de M.Cho.

Après Andong, nous sommes allés à Pohang sur la côte est, pour prendre le bateau qui nous a emmenés à l'île Ulleong-do, à plus de 200 km de la côte. C'était je jure, la pire expérience en bateau de ma vie. 3 heures d'énormes vagues ayant causé des embouteillages monstre aux toilettes. Encore une fois, j'étais très content de ne pas avoir d'odorat. Une chance que l'île était vraiment belle, doux Jésus.



L'incomparable M.Cho


La beauté sauvage de l'île Ulleong-do


Bon, je m'en vais jouer au soccer.
Donnez-moi des nouvelles
BeHaCh

vendredi, septembre 15, 2006

Retour à la réalité (15 septembre)

Bonjour,

Après deux semaines plutôt intenses, je suis revenu à la réalité avec le début des cours.

Vendredi matin le 1er septembre, après un réveil pénible, je me rends à un cours intitulé "Korean International Relations". La salle indiquée sur mon horaire s'avère être la salle la plus petite que j'ai eue de toute ma vie, malgré les quelque 30 étudiants qu'elle contient. Même au primaire c'était plus grand. De plus, les pupitres sont très petits, de toute évidence faits pour des petits Coréens et non pour des Occidentaux. Il y a un gars de 6 pieds 3 pouces dans le groupe et il était assis presque les genoux dans le front.

Ensuite vient le moment de prendre les présences. Je me souviens qu'à l'école primaire, il y avait un petit Vietnamien dont le nom était constamment massacré par les professeurs. Bien, je suis maintenant le petit étranger: le prof est Coréen, et plus de la moitié des étudiants sont Coréens. Il prend donc les présences en passant à toute vitesse la liste de noms Coréens. Puis, son visage se crispe, et j'entends ceci "Bay-no-ee-ts-Haa-lu-dee...". Avant qu'il puisse aller plus loin, je le délivre de sa souffrance en lançant un "that's me" hésitant.

Sur quatre cours, je dirais que malheureusement que les deux premiers sont plutôt ennuyants. Le problème est que les professeurs ne sont pas particulièrement à l'aise à enseigner en anglais. En fait, ce sont probablement de très bons académiciens, et peut-être même de très bons pédagogues en coréen, mais lorsque vient le temps de communiquer en anglais, c'est là que le bât blesse (en fait, mon seul prof captivant, bien, c'est un Américain). C'est particulièrement difficile dans mon cours "Korean International Relations". Le problème est que notre professeur est un économiste et non pas un politicologue. Lors du 2e cours, il distribue une carte de l'Asie de l'est et se met a la décrire en disant ceci (imaginez dans un fort accent coréen):

"This is China, China is a big country. China is a big country. Then here is Mongoria. Mongoria, is...quite a big country. Yes, quite a big country. And here is Russia. Russia is a very big country. Yes, a very big country."

Je me retourne et regarde tout le monde en demandant "est-ce que je suis a l'université Yonsei ou à la maternelle?". Vous vous dites sûrement que je blague, mais je suis parfaitement sérieux. Le gars a dit exactement ca en répétant tout deux fois. Pas de stress au niveau de la compréhension en tout cas...Au moins, dans les cours, un étudiant s'arrange toujours pour poser une question au prof, ce qui provoque habituellement une discussion intéressante avec les autres étudiants. Hier cependant, une étudiante a eu la brillante idée d'exprimer ses commentaires en coréen, ce qui ne facilite pas trop l'integration, puisque je ne que connais que 13 mots dans cette langue. Mais, vous inquiétez pas, mes lectures et discussions sont très enrichissantes, donc je ne perds pas trop mon temps...Il faut comprendre que Yonsei est l'une des universités les plus réputées en Corée et en Asie de l'Est. Je suis donc en droit d'avoir de hautes attentes.

J'ai finalement commencé à faire un peu de vrai tourisme, puisque les deux premières semaines consistaient surtout à faire du tourisme de restaurants et bars. La ville est très intéressante. J'ai visité un palais dimanche après-midi, le Gyeongbokgung, et en soirée j'ai marché jusqu'au sommet d'une montagne située derrière l'université, et du haut de laquelle on peut jouir d'une superbe vue sur Séoul. Tout plein de montagnes à Seoul, j'aime bien.




Palais Gyeongbokgung

Vue de Séoul de la montagne

Ah oui, je confirme que mon adresse postale se rédige comme ceci, puisque j'ai reçu une lettre. Et mon numéro de téléphone fonctionne bien d'outre-mer: 82 (code du pays)-10-3037-0250

Seoul, South Korea,
SuDaeMoon-Gu
Chang Chung-Dong
67-49 (101)

*notez la demotion, puisque je suis passe de la chambre de 201 a 101

Bon, je m'en vais dormir.
Kim-J

mercredi, août 30, 2006

2 minutes en Corée du Nord (30 août)

Bonjour,

Je vous disais que la semaine dernière j'allais a la zone démilitarisée séparant les 2 Corées, la DMZ. Eh bien, j'en suis revenu en un morceau, non sans avoir vécu une expérience des plus
frappantes.

Dès que l'on sort de Séoul, il y a des signes partout indiquant que le pays est encore officiellement en guerre avec son voisin. Sur l'autoroute menant à la Corée du Nord (située à seulement une cinquantaine de kilomètres soit dit en passant), dans la banlieue séoulienne (séoulite?), d'énormes structures de béton sont étrangement suspendues au-dessus de la chaussée. On nous a expliqué que celles-ci sont remplies d'explosifs prêts à être activés à tout moment. Dans le cas d'une invasion nord-coréenne, on fait exploser les structures, bloquant ainsi la route à l'envahisseur. Également, plus on se rapproche de la DMZ, plus les postes d'observations militaires sont nombreux, entourés de soldats et chars d'assaut. Près de la frontière, de nombreuses affiches rappellent de rester sur la route à cause des champs de mines situés autour. L'armée est vraiment présente partout.



Ci-dessus photo de Gi jeong-dong (communément appelé Propaganda Village) en Corée du Nord, avec le plus haut drapeau sur mât au monde. C'est en réalité un village fantôme. Les édifices, censés exposer la "prospérité" du nord, ne sont en fait que des façades ou structures vides, comme un genre de plateau de tournage.

Mais l'endroit le plus surréel est de loin la zone appelée Joint Security Area ou JSA, une section de la DMZ où ont parfois lieu les pourparlers entre le nord et le sud. Ce lieu est le seul où les soldats des deux armées se font face directement à chaque jour. Nous avons pu assister a la scène incroyable où des soldats du sud montaient la garde dans une position étrange apparemment tirée du Tae Kwon Do. Environ 50 mètres devant, en haut des marches d'un bâtiment nord-coréen, des soldats nords-coréens montent la garde. Un des soldats du nord nous observait avec des jumelles alors que l'autre prenait des photos de nous, afin de nous intimider, selon le militaire qui nous accompagnait. Les règles étaient très strictes: aucun mouvement brusque, impossible de pointer du doigt ou d'envoyer la main. Notre accompagnateur, un ancien général de l'armée américaine, maintenant professeur à l'université Yonsei, nous expliquait que si quelqu'un pointait du doigt ou envoyait la main, la scène serait diffusée le lendemain dans les journaux propagandistes du Nord pour montrer à quel point tout le monde veut venir vivre dans le "paradis" qu'est la Corée du Nord...







A peu près a mi-chemin entre les soldats du nord et du sud, on voit par terre la frontière qui délimite les deux pays. Nous sommes entres dans un bâtiment qui chevauche cette frontière, et dans lequel se tiennent habituellement les pourparlers. Chacune des moitiés du bâtiment sont donc dans un pays. Ayant marché partout dans le bâtiment, j'ai donc techniquement été en Corée du Nord! Woohoo! Je vais pourvoir l'ajouter a mon CV! Voir de près la zone de tension d'une guerre froide qui dure depuis 53 ans était toute une expérience.

A part ça, la vie à Séoul me plait beaucoup. La seule chose qui est un peu difficile, mais en même temps source constante de divertissement, est mon incapacité à communiquer en Coréen. Ma propriétaire n'a toujours pas appris l'anglais et on continue à se faire des signes toujours plus créatifs pour se faire comprendre. Cette semaine, j'ai fait le tour des magasins pour m'acheter un téléphone cellulaire. J'avais l'impression que peu importe le nombre de synonymes que j'utilisais pour chaque mot, j'arrivais pas à me faire comprendre. Je me suis même surpris cette semaine à parler anglais avec un accent asiatique pour me faire comprendre, ce qui semble parfois marcher. Pas une blague, ça peut marcher réellement.

Donc, j'ai fini par me trouver un cellulaire, dans ce qui devait être le plus gros magasin de téléphones de l'histoire de l'humanité. Un étage de la grosseur d'un terrain de football rempli de téléphones. Plutot intimidant. Si vous voulez m'appeler, n'hésitez pas, je ne paie pas les appels que je reçois. Le numéro est 010-3037-0250. Je suis 13h en avance n'oubliez pas. Moi qui n'arrêtais pas de rire des Japonais et Coréens qui sont TOUJOURS en train d'utiliser leur téléphone, je suis exactement pareil finalement.

Bon je vais manger du kimchi.
Benoit

mardi, août 22, 2006

Rock star dans la nuit (22 août)

Bonjour, bonsoir, bonne nuit

J'ai vécu samedi soir une superbe expérience. Vous vous souvenez, je disais qu'à l'aéroport de Séoul, deux Coréens sont venus chercher Jsssica, la fille que j'avais rencontrée à l'aéroport de Tokyo...un des deux gars travaille pour une compagnie de presse, ou de musique. En fait j'ai rien compris à ce qu'il faisait, mais ce qui est important est que grâce à son travail, il a obtenu nous a donnés des billets gratuits pour voir le show d'une des plus grandes stars coréennes, Psy (prononcer Sa-ee). Je vous parle ici de billets de 66 000 won, à peu près 70$. Je vous dis, c'était incroyable. Un authentique concert rock avec une authentique rock star coréenne, avec les écrans géants, les effets pyrotechniques, les changements de costumes, le double bass drum, et bien sûr, les petites Coréennes en extase.




De plus, l'emplacement était idyllique. Un genre d'amphithéatre extérieur, en forme d'hémicycle romain, en plein sur le campus de l'université Yonsei, et rempli à capacité, donc environ 20 000 personnes à ce qu'on m'a dit. Quant au show, imaginez un genre de Weird Al Yankovik coréen, avec un genre de rock/métal/hip-hop/comédie. Psy semblait vraiment drole, puisqu'à chacune de ses interventions, tout le monde se roulait par terre, sauf Jessica et moi (les deux seuls blancs dans toute la place évidemment). Sinon, lorsqu'il chantait, il dansait et enlevait ses vetements. C'était drôle. Sincèrement, le meilleur spectacle que j'ai vu d'un artiste que je ne connaissais pas. Après, dans la plus pure tradition coréenne, nous avons terminé la soirée dans les bars de mon quartier.




Demain, je vais avec quelques étudiants de Yonsei visiter la DMZ, c'est-à-dire la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, où les deux armées se font face depuis la fin de la guerre de Corée. Ça risque d'être assez intense, d'autant plus que j'ai lu dans le National Geographic qu'à l'occasion, des escarmouches y éclatent et font quelques victimes. Mais vous inquiétez pas, j'apporte mon camouflage et un couteau de cuisine. A part ça, il fait ultra chaud et humide ici. Je mange comme un eskimo, mais je grossis pas puisque je sue mon poids a chaque jour. Et les Coréennes sont très belles.
Ah oui, voici mon adresse postale, si vous voulez m'envoyer une lettre ou un paquet d'amour.

Seoul, South Korea,
SuDaeMoon-Gu
Chang Chung-Dong
67-49 (201)

C'est définitivement l'adresse la plus cool que j'ai eue dans toute ma vie. Mieux que 7375 rue Chambord en tout cas. Juste pour avoir une telle adresse ça vaut la peine d'aller en Corée.

Bon, j'y vais.
Kim Jong-Ben

samedi, août 19, 2006

Seoul avec un peu de chance (19 aout)

Salut!

Donc je suis arrivé à Séoul avant-hier après encore une fois de trop
longues heures sans sommeil dans l'avion. La chance m'a poursuivi jusqu'ici. Quelques exemples: premièrement, hier a l'aéroport de Tokyo, en faisant la file pour les douanes, je sors rapidement un document de l'université Yonsei pour le consulter, et une fille juste derrière moi me demande si je vais à Yonsei aussi. Elle, une certaine Jessica de Toronto, m'explique qu'elle va étudier elle aussi à cette université.

Deuxièmement, à l'aéroport de Séoul, deux amis Coréens de Jessica (Dooman et l'autre dont j'ai oublie le nom et que j'appelerai affectueusement Jack) l'attendent, et m'offrent gentiment de me reconduire aussi à l'université en voiture, ce qui est très apprécié puisque l'aéroport est plutôt loin de Séoul. Petite note de bas de page, Dooman ressemble étrangement à Kim Jong-Il, ce qui est plutôt troublant. En fait, depuis que je suis arrivé, j'ai l'impression qu'il y a tout plein de Kim Jong-Il dans la rue, ce qui me terrifie.. Mais ca doit être le décalage horaire, je m'y habituerai. Ensuite, Dooman nous paye un bon souper au resto. Semblerait-il que c'est une coutume répandue en Coree d'inviter au resto les étrangers, alors je ne me plaindrai pas.

Troisièmement, je devais bien me trouver une place où vivre pour l'année. Evidemment, c'est une etape que j'avais completement ommise, avec toute ma prevoyance. J'appelle donc une fille nommée Laurence, de Montréal, qui habite à Séoul, que je n'ai jamais rencontrée mais avec qui je communiquais par courriel, après avoir découvert son nom par un pur hasard sur internet.
Elle me dit d'appeler son copain Wam-Seok. Ce dernier dit avoir peut-être une chambre pour moi pas très loin de l'université. La chambre était parfaite pour moi. C'est dans une petite maison du chaud quartier universitaire, à deux pas de millions de restaurants, bars et clubs. Malgré toute l'activité autour, ma ruelle est super tranquille. Il s'agit simplement de la trouver. Elle est située dans un dédale de ruelles toutes semblables, et en rentrant hier, j'ai du tourner en rond 10 fois avant de me rappeler où j'habitais.


Dans le prix sont inclus le dejeuner et le souper à chaque jour, gentiment preparés par la gentille proprietaire. Seul hic, la proprio parle à peu près 3 mots en anglais, "water", "key" et "money". Heureusement que Wam-Seok était
là. Sinon, elle me fait des signes pour me faire comprendre ce qu'elle veut. Au moins, elle est bonne dans les signes de mains.

Photo: à gauche, ma maison

Il y a 10 locataires, en tout, à peu pres tous Coréens, qui parlent très peu anglais. Je suis donc allé pour la totale, l'expérience coréenne à fond Léon. Ce matin, au dejeuner, il y avait environ 10 plats, mais tout ce que je reconnaissais, c'etait du riz...Au moins, il y a une Japonaise qui vit la, alors je peux communiquer avec elle.

J'ai changé mon intention de départ: je crois que je vais essayer d'apprendre une base de coréen, car contrairement à ce que je pensais, l'anglais, ça fonctionne pas trop fort par ici...Aujourd'hui, je suis allé à un resto avec 6 étudiants que j'ai rencontrés à la séance d'orientation de l'université. Gros problème, le menu n'était qu'en coréen, et la serveuse n'était offerte qu'en version coréenne aussi. Donc, on choisit tous un plat complètement au hasard (j'ai choisi le plat dont je préférais l'écriture en coréen). Alors que tout le monde reçoit un plat ultra appétissant, je recois un mini-plat rempli de ce qui ressemble à 10 gros vers de terre jaunes. J'exagère pas. C'était pas mal finalement, mais ça m'a laissé sur mon appétit.

Bon, je pars chercher des sandales, il fait vraiment trop chaud, et j'ai
soif.

Bye
Benoit

Ah oui, écrivez-moi si ca vous tente, j'apprécie, et ça me fait sentir
moins loin.