
Retrouvailles de l'université Yonsei
Les fondamentalistes chrétiens ont eu la mauvaise idée de venir protester contre la parade. Ils en ont eu pour leur argent.

En 2006, j'étais parti un an en Asie pour poursuivre mes études à l'université Yonsei à Séoul en Coree du sud. J'avais démarré ce blog qui devait ne durer que cette année-là. Je l'ai remis en marche en Inde en 2008. À la demande générale de ma mère, je continue encore.

Retrouvailles de l'université Yonsei
Les fondamentalistes chrétiens ont eu la mauvaise idée de venir protester contre la parade. Ils en ont eu pour leur argent.

Mais donc, pourquoi y aller, bordel ? Outre le fait que la Corée du Nord est mon objet d’études à l’université, le fait que ce soit l’un des pays les moins visités au monde (avec raison, diront plusieurs) constituait une grande partie de son attrait pour moi. Ça, et aussi leur excellent programme nucléaire, dans lequel je voulais m’inscrire (pas ouvert aux étrangers, finalement). Un voyage en Corée du Nord est une expérience fascinante, surréelle, et surtout bizarre. Très bizarre. Aller en Corée du Nord, c’est littéralement quitter le monde moderne, être transporté dans une fantaisie socialiste sortie tout droit des années 50, et être littéralement coupé du monde, sans téléphone, sans internet, sans peur et sans reproche.
Vue de l'arrière de l'avion, avec la pile de bagages, et les étagères à bagages...
No man's land sur Pyongyang
L'aéroport international de Pyongyang, couronné d'un portrait de Kim Il-Sung, très achalandé comme on peut voir
Dès l'arrivée à Pyongyang, quantité de propagande, affiches et slogans révolutionnaires
L'arc de triomphe de Pyongyang, à propos duquel nos guides se font un plaisir de nous rappeller qu'il dépasse celui de Paris par 10 mètres.
On voit mes deux guides/surveillants à gauche. C'est à peu près le plus loin que j'ai réussi à m'éloigner d'eux durant toute la semaine...
La grande statue de Kim Il-Sung, président éternel mort en 1994, et père de l'actuel leader Kim Jong-Il, qui font les deux l'objet d'un culte de la personnalité incroyable. Chaque Nord-Coréen, sans exception (sauf les bébés, je suppose), doit obligatoirement porter une épinglette de Kim Il-Sung sur ses vêtements. Les plus zélés portent une épinglette de Kim Il-Sung ET Kim Jong-Il.
D'énormes images comme celle-ci, représentant Kim Il-Sung avec un enfant dans ses bras, se trouvent partout en ville
Partout, on rappelle au peuple que l'armée est la priorité. L'affiche du milieu dit "Vive la grande victoire de la politique de Songun!" (Songun est la politique donnant la priorité absolue à l'armée)
J'aime bien la quatrième à partir de la gauche. Elle dit "Tout le monde, marchons droit devant pour la révolution Songun (militaire)!"
Kim Il-Sung, qui mène fièrement le peuple, avec en arrière-plan l'hôtel Ryugyeong, le bâtiment le plus haut du pays, débuté en 1987 et jamais complété, faute de financement...
Près de la frontière chinoise. L'affiche à gauche dit en gros "Camarade, travailles-tu avec nous?". Le régime veut faire du pays une nation prospère pour 2012, qui sera le 100e anniversaire de la naissance de Kim Il-Sung. On demande donc la coopération du peuple...
Sur cette seule photo, on compte sept différents slogans et affiches. Une complètement à gauche, quatre sur le bâtiment du centre, et deux à droite. Aucun pays au monde ne déploie autant d'effort dans l'endoctrinement du peuple. On remarque aussi le peu de traffic, alors qu'on est pourtant dans la capitale...
La signature de Kim Il-Sung, qui était un géant
La JSA (Joint Security Area), là où les soldats se font face quotidiennement. Il y a trois ans, j'étais au même endroit, mais du côté sud-coréen, dans le bâtiment gris de la photo...
Assis à la table située directement sur la frontière entre les deux Corées, prêt pour de difficiles négociations.
Une des rares photos de la "vie quotidienne" que j'ai pu prendre, à Kaesong. D'ailleurs, mes guides m'ont clairement averti après de ne pas prendre de telles photos. Cette journée-là, à Kaesong, près de la zone démilitarisée, en sortant du restaurant, je suis tombé sur une scène des plus bizarres. La ville était complètement silencieuse, quelques passants à pied ou à vélo, aucune voiture dans la large rue, une ville fantôme...
Le mont Myohyang
Mon chauffeur, camarade Baek. Je connais pas son nom complet car mes deux guides l'appelaient toujours "Baek dongji", camarade Baek.
Une ballade en métro. J'ai voyagé de la station "prospérité" à la station "gloire".
On lit tranquillement le journal du parti des travailleurs en attendant son métro...
Au mausolée de Kim Il-Sung, un endroit extraordinaire où les gens viennent par milliers, en habit de cérémonie, pour rendre hommage au père de la nation. J'ai vu des dizaines de femmes en sortir en pleurs, alors que l'homme est mort en 1994.
Cette photo donne une idée du niveau de militarisation de la société. Des dizaines de jeunes filles, toutes avec la même coupe de cheveux, en habits militaires. On voit de tels bataillons partout, partout, en ville. Photo illégale, by the way. On venait juste de m'avertir en plus, mais j'ai développé des techniques infaillibles de prises subtiles de photos.
Les extraordinaires "traffic girls" de Pyongyang. Comme il n'y a pas de feux de circulation, celles-ci sont à toutes les intersections importantes (et moins importantes) et dirigent les peu nombreuses voitures d'une manière robotique et carrément hallucinante.
La place Kim Il-Sung, où ont lieu les défilés militaires. Le slogan derrière dit "Longue vie à la République populaire démocratique de Corée!"
J'ai réussi, miraculeusement, à obtenir un billet pour un match amical entre l'équipe nationale de Corée du Nord et une équipe brésilienne de Sorocaba, près de Sao Polo. Score final: un diplomatique 0-0.
La tour Juche. Juche est l'idéologie officielle de la Corée du Nord, inventée par Kim Il-Sung lui-même en 1955.
Devant la tour Juche, la paysanne, l'intellectuel et l'ouvrier, tous unis pour la révolution.
Coucher de soleil sur la rive
Pyongyang, vue du sommet de la tour Juche. C'est drôle comme elle a l'air bien normale, cette ville, d'en haut.
Le monument du parti des travailleurs. En arrière-plan, sur les deux bâtiments, on peut lire "100 guerres, 100 victoires".
Ma valeureuse guide, au "musée de la guerre victorieuse", qui m'a donné une intéressante version révisée de l'histoire coréenne
Le USS Pueblo, un bateau d'espionnage américain capturé par les Nords-Coréens en 1968, et aujourd'hui gardé comme trophée de chasse à Pyongyang
Ma charmante guide qui m'a fait visiter le bateau, et qui parlait un français impeccablement appris à l'université Kim Il-Sung de Pyongyang